Jean-Yves PENNEC

Vit et travaille à Quimper, Finistère

Jean Yves PENNEC
Dürer et la pomme d'or  120 x 120 cm


Après des  études de philosophie à Brest puis à Tours, il décide de se consacrer entièrement à son art à Quimper.
« Pour créer, un artiste peut s'emparer du matériau le plus ordinaire et sans   en modifier l'aspect, totalement le transformer, c'est ce à quoi parvient Jean-Yves PENNEC... Magie de l'art qui, transmuant un matériau des plus banals, nous donne cette émotion particulière que nous éprouvons lorsque nous découvrons une réalité que nous n'avons jamais vue. »  Charles JULIET
« L'origine du travail de Jean-Yves PENNEC : le matériau qu'il a choisi comme moyen exclusif d'expression est le cageot. Et cette origine même, qui relève du domaine de la transformation, représente un passage, une mutation de la matière la plus sommaire, la plus brute,la plus réelle, en un objet, le plus immatériel, le plus irréel, intangible qui est l'oeuvre d'art »
Dominique STELLA 

Jean Yves PENNEC
Cent rais sans blanc 17 cm x 17 cm






Jean Yves PENNEC
Cratecity lights 60 cm x 60 cm



  L'originalité du travail de Jean-Yves Pennec tient d'abord au matériau qu'il a choisi ou peut-être qui l’a choisi, il y a maintenant une vingtaine d’années: le cageot en bois de peuplier qu'il glane au fil des marchés. De ces caissettes de bois clair qui transportent oranges courgettes, cerises, raisins  ou brocolis, selon la saison,  il fait la matière exclusive de ses travaux. Quand on l'interroge sur les raisons de ce choix, l'artiste évoque le « hasard qui n’en est jamais un » : son atelier de Quimper, la remise en question de son travail de peinture à la suite d’un chantier de rénovation de sa maison qui l’a tenu hors de l’atelier durant une année, puis les fenêtres de celui-ci ouvertes sur un petit potager où mûrissent surtout les tomates et la première rencontre fortuite avec cet objet de la vie ordinaire rangé en pile dans un angle de l’atelier et destiné à recueillir  de modestes récoltes.
  « Je ne me suis pas tout de suite rendu compte de l'importance qu'allait prendre cet objet dans ma recherche, confie-t-il, mais très vite un dialogue complice et fécond s'est établi entre nous, il se poursuit au fil du temps, au gré des créations. Je crois avoir trouvé une sorte de double et il me plait qu’il soit issu de l’univers végétal dont je me suis depuis toujours senti très proche. »
 Tantôt ce sont les mots, les images sérigraphiées sur le bois qui déclenchent un projet de collage. L'artiste, armé d'un cutter et de patience découpe alors, assemble et colle ses « morceaux choisis » créant le plus souvent une marqueterie aux couleurs vives dans des formats petits ou de taille moyenne, comportant fréquemment un certain relief. Ceux-ci peuvent faire la part belle aux jeux avec les mots ou encore prendre la forme de clins d’œil à l’histoire de l’art, souvent se mêlent références à une culture savante et à celle des emballages divers présentant les gâteaux ou les bonbons caractéristiques d’une « culture » plus populaire qui ont marqué la jeunesse de l’artiste . D’autres fois c'est à partir de questionnements qui travaillent l'ancien étudiant en philosophie qu'il fût et l'amateur de littérature et de poésie qu'il reste qu'il choisit de construire de grands puzzles d’une impressionnante diversité formelle qui proposent de « mettre en jeu » la mémoire de l'enfance , la première maison , l’identité, la filiation, les premières fois,  la transmission, l’héritage artistique,  l'aventure du regard ...
  Emmanuel CAMILLE